FOCUS 2 : interview de reconverti accompli !

Ancien Gendarme Adjoint Volontaire, Etienne Cremer est aujourd’hui directeur sécurité sûreté Sodexo France. Il partage avec nous son expérience très diversifiée : dans l’humanitaire, en gendarmerie, à l’université, dans l’événementiel et le secteur diplomatique. Décryptage d’un parcours éclectique dont l’origine est la transition professionnelle.

Racontez-nous votre parcours en gendarmerie

Après le lycée, j’avais envie d’action donc j’ai intégré la PIROI (Plateforme d’Intervention Régionale de l’Océan Indien) qui forme les bénévoles de la Croix Rouge à la gestion des risques et catastrophes. J’ai enchaîné en tant qu’enquêteur de terrain sur une étude virologique et épidémiologique au sein de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) dans le cadre de la crise chikungunya.

En 2006, j’ai réalisé une préparation militaire au sein de l’armée de l’air, à la base aérienne 181 sur l’Ile de La Réunion dont je suis originaire. Ma passion pour la gendarmerie est née lors de cette expérience professionnelle, grâce à la rencontre avec des gendarmes du PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne).  J’ai engagé les démarches pour devenir Gendarme Adjoint Volontaire (GAV), à la suite des tests de sélection, j’ai réalisé trois mois de formation à l’école de gendarmerie de Châtellerault. A l’issue, j’ai été affecté au camp de Beynes dans les Yvelines au service logistique, où j’étais notamment en charge de l’armurerie.

A l’occasion d’une compétition annuelle de tir escadron que j’ai remportée, j’ai eu l’occasion de rencontrer un membre du GIGN qui m’a partagé sa passion et m’a donné envie d’intégrer cette unité d’élite. La mobilité a été possible grâce à la bienveillance du commandant du GIGN de l’époque.  J’ai eu la chance de faire partie de cette prestigieuse unité, en servant au sein de la coopérative, puis à la Force Formation. J’ai eu l’honneur de travailler avec les instructeurs de l’unité, ça a été riche en relation humaine.

Comment s'est déroulée votre transition professionnelle ?

Après mes cinq années de contrat en tant que GAV, le Bureau de la Reconversion d’Ile-de-France et plus particulièrement le Major Mimille, m’a accompagné et trouvé une place à la Direction sûreté sécurité de Disneyland Paris. J’ai donc réalisé un congé de reconversion pendant six mois dans le cadre d’un diplôme universitaire, plus précisément une licence sur la gestion de crise. A la fin de cette période, la cellule de gestion des risques et des crises de Disneyland Paris m’a proposé un contrat d’un an en alternance, cela m’a permis d’être acculturé à la gestion globale des risques à l’américaine.

A l’occasion d’une visite privée sur la sécurité du Stade de France, organisée par l’ANAJ-IHEDN (Institut des Hautes Études de la Défense Nationale pour les jeunes), j’ai rencontré le directeur sûreté sécurité. Il m’a parrainé et formé à la sécurisation d’évènement d’ordre sportif ou musical, et plus particulièrement au protocole de réception des hautes autorités (Président de la République, Ministres, PDG). Ces six mois au Stade de France, durant mon cycle de licence, ont été déterminants dans la poursuite de ma carrière.

Quelle a été la suite de votre carrière après l'obtention de ce diplôme ?

Suite à ma licence, j’ai décidé de continuer avec un Mastère spécialisé en gestion des risques et des crises, c’est ainsi que j’ai pu intégrer la direction sûreté du réseau La Poste en contrat de professionnalisation.

J’ai ensuite rejoint la DSD, Direction de la Sécurité Diplomatique et de Défense du ministère des affaires étrangères, où j’ai été formé pendant un an à la sûreté pour la division de la sécurité diplomatique France. Il s’agissait de s’assurer de la bonne application de la politique de sûreté au sein des différentes emprises diplomatiques françaises, et des différents évènements (COP 21, Pré-Cop, initiative pour la paix au Proche-Orient, etc).

C’est alors que le directeur du Diplôme Universitaire Gestion de Crises et Sécurité Intérieure, m’a contacté pour me proposer la mission de refonte du programme, et notamment d’ouvrir davantage aux visites de sites sensibles dans le but d’acculturer des Responsables sécurité.

En 2017, Sodexo France qui renforçait son dispositif de sécurité suite aux attentats, m’a recruté pour une création de poste de Directeur sûreté sécurité pour la France. Au-delà du volet événementiel, le groupe opère dans les établissements scolaires, de santé et pénitentiaires, Lido, Yachts de Paris, Bateaux Parisiens, Seine Musicale. Mon action a été de mettre en place des process en matière de sûreté, de sensibiliser les collaborateurs à ces nouveaux enjeux, et de développer la gestion de crise avec la direction de la communication. Je suis aujourd’hui fier d’être sur ce poste passionnant que j’ai pu obtenir grâce à mon bagage universitaire et aux différentes expériences professionnelles associées à mes études.

Selon vous, quelles sont les qualités en gendarmerie appréciées des employeurs ?

L’adaptabilité au milieu de l’entreprise est très recherchée ainsi que le savoir-être. La gendarmerie est un gage de qualité car les militaires ont un code de conduite et une certaine capacité à gérer le stress. Je n’ai pas été sous-officier ni officier, mais j’ai pu apprendre durant mon parcours à gérer des situations dégradées et arriver à un niveau qui me permet d’assurer la fonction de directeur sécurité sûreté d’une grande entreprise française. Sodexo dispose d’une multitude d’activités et d’évènements, il est important d’être acculturé à tous les types de risques. L’approche globale des risques a fait la différence pour ma part, ainsi que les valeurs et principes moraux militaires qui sont recherchés en entreprise.

Avez-vous un message à destination des candidats à la reconversion ?

Qu’est-ce qu’un GAV peut faire après son contrat s’il n’intègre pas la gendarmerie par la voie du concours ? Il est important de se renseigner au plus tôt sur les dispositifs d’accompagnement qui existent en se tournant vers le centre d’orientation et de reconversion gendarmerie de sa région. Il faut profiter au maximum des formations pour élargir son domaine de compétences et ne pas s’enfermer dans une spécialisation. Je conseille de faire un diplôme qui a une approche transverse, c’est la clé de demain dans le monde des entreprises. Le volet relationnel est aussi très important car pour gérer les incidents, et les crises, il faut un réseau : rencontrer tous les acteurs de la sécurité intérieure, ou des homologues dans les autres entreprises, et faire du benchmarking. Tous ces codes je les ai appris en gendarmerie.

Aujourd’hui encore, la gendarmerie continue de me faire grandir en me permettant d’être ambassadeur, et c’est un réel plaisir de conseiller des gendarmes en transition professionnelle.

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