L'analyse des stupéfiants

L'unité d'expertise « stupéfiants » du département Toxicologie analyse les échantillons transmis pour y rechercher, identifier voire doser les substances psychoactives, naturelles ou de synthèse, et les produits de coupage éventuellement associés. Les experts sont aussi en mesure de profiler l'héroïne et la cocaïne permettant ainsi de mettre en évidence des similitudes de composition chimique entre plusieurs scellés et affaires judiciaires.

Son parc analytique permet aussi la recherche et la révélation de traces de stupéfiants sur des supports divers potentiellement impliqués dans un trafic [1].

Enfin, les aspects macroscopiques des échantillons sont aussi considérés et l'unité d'expertise « stupéfiants » réalise l'enregistrement et la comparaison des logos, en plus de la comparaison chimique dans la base nationale « STUPS ».

Afin de répondre aux missions confiées par les enquêteurs et les magistrats sur l'analyse des produits, l'unité d'expertise « stupéfiants » utilise des méthodes d'essai validées. Il s'agit de protocoles analytiques permettant de traiter les échantillons et de les analyser par des techniques chromatographiques diverses comme la chromatographie gazeuse liée à la spectrométrie de masse (GC/MS), la chromatographie liquide liée à une détection par diode (LC/DAD) ou la chromatographie liquide associée à la spectrométrie de masse en tandem (LC/MS/MS).

Certaines techniques plus rapides sont également employées telles que la spectrométrie à infrarouge transformée de Fourier (FTIR), la spectrométrie Raman ou la spectrométrie à mobilité ionique, notamment dans le cadre de missions réalisées sur le terrain.

L'exploitation des données est par la suite restituée aux requérants et magistrats sous forme d'un rapport d'examen scientifique ou d'expertise.

Les principaux produits analysés

- le cannabis et son principe actif le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) sous toutes ses formes de consommation (herbe, résine, huile...) ;

- la cocaïne, le crack ;

- l'héroïne et autres opiacés ;

- les amphétamines : amphétamine, métamphétamine, MDMA (ecstasy), kétamine ;

- les médicaments et psychotropes,

- les nouveaux produits de synthèse (NPS) [2].

Souvent nommés RC pour Research chemicals par leurs usagers, les NPS désignent des substances psychoactives qui imitent les structures chimiques et/ou les effets de produits stupéfiants illicites (MDMA, amphétamine, cocaïne ou cannabis).

L'analyse des produits

Concernant la cocaïne et l'héroïne, le profilage chimique est réalisé pour des rapprochements inter-échantillons confirmant, ou non, objectivement que des saisies présentant des signatures chimiques identiques sont issues d’un même lot de production initiale. La signature chimique est constituée d’un ensemble de marqueurs spécifiques du lot de fabrication auquel appartient l’échantillon. Celle-ci n’est pas altérée par l’ajout de produits de coupage et présente une stabilité satisfaisante dans le temps pour permettre des comparaisons fiables entre plusieurs saisies.

Le profilage de substances apporte une plus-value à l’enquête ou à l'instruction en révélant des liens de composition chimique entre plusieurs saisies, réalisées dans des conditions de temps et de lieux différents. Ces rapprochements sont en mesure de suggérer l’existence de liens transverses, parfois inattendus, entre plusieurs filières de distribution.

L’exploitation a posteriori des signatures chimiques par l'analyse criminelle permet également de mieux appréhender la structure des réseaux ainsi que l’ampleur du marché local et national. Cette connaissance de l'organisation du trafic apparaît essentielle pour optimiser la stratégie d’enquête des unités saisies dans ce type d’affaire.

L’unité d’expertise «stupéfiants» de l’IRCGN dispose d’une base de données de signatures chimiques associée à une Application pour le Profilage et la Comparaison Inter échantillons (A.P.C.I.) de l’héroïne et de la cocaïne. Cette application compare mathématiquement la composition chimique d’un échantillon à celles déjà enregistrées dans la base de données [3].

La recherche de traces peut être réalisée sur des supports divers comme les billets de banque notamment. Dans ce cas, la révélation des traces de stupéfiants et leur exploitation statistique peuvent mettre en évidence l’implication ou non de billets saisis dans un trafic [4].

Enfin, le laboratoire « mobile » apporte les moyens analytiques au plus près des échantillons directement sur le terrain, dans le cadre de festivals comme le TEKNIVAL ou lors du démantèlement de laboratoire.

  

Sources

1 : Fiche Potentiel du département de toxicologie – Unité d'expertise « stupéfiants » - 31 mars 2015

2 : Drogues, Chiffres clés, Office Français des Drogues et Toxicomanies – Juin 2015

3 : Fiche d'information sur le profilage chimique de la cocaïne et de l'héroïne – Juin 2015

4 : Poster - Apport de l'IRCGN dans les enquêtes de stupéfiants – 31 mars 2015

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